Le chemin de sa personne

Les imaginaires, les mythologies et les croyances foisonnent dans chacun des récits que nous entendons, sans pour autant qu’ils n’apparaissent autrement que dans des brides de récits à peine avoués du bout des lèvres par les professionnels, tant l’intime est recouvert d’un blanc maquillage, sans doute par pudeur ou par pouvoir. Cette dimension sacrée – celle précieuse et humaine qui agite chacun d’entre nous – se trouve reléguée après la technique du soin, après l’abstraction du lieu, après la lutte entre laïcité et religions, mais reléguée nulle part. Peut-être par défiance envers le magique, envers le singulier, envers la personne ?

L’objet manquant
Il manque toujours quelque chose à quelqu’un et une institution ne peut se remplir de chaque objet ou de chaque souvenir personnel. Néanmoins, elle peut être accompagnée à réfléchir à cette hospitalité symbolique proposée par un processus artistique, touchant à l’intime et ouvrant au jeu des symboles. Cet autre hospitalité consiste à accueillir un espace supplémentaire, gratuit et ouvrant vers une appropriation extra-ordinaire, celui de l’imaginaire.

L’œuvre «Le chemin de sa personne» est une composition à partir d’objets, de mots, de couleurs recueillis oralement lors de nos immersions et nos imaginaires. Celle-ci sera construite comme une série de petits abris de différentes tailles mêlant des images, des formes et des lumières. L’ensemble fabriquera un cheminement dans l’institution proposant un espace inédit qui par l’art invitera à cette dimension sacré et précieuse que chaque personne attend d’une hospitalité, quand la personne est justement fragilisée dans un contexte en pleine mutation.

L’exposition propose un fragment du projet associant Arnaud Théval, Jules Mansart et Tiphaine Berthomé de CANCAN, en s’adossant à la partie reliant le cœur d’îlot à la partie la plus reculée du l’Institut, le dépositoire. Lieu où sont déposés les défunts, le projet envisage de reconnecter symboliquement et esthétiquement cette partie à la fois douloureuse et précieuse de la relation au soin de nos corps à l’ensemble.

Au sablier inversé (2019) simulation format 266 x 400 cm.
Médaillons 1, 2, 3, 4, 5 et 6 (2019) tirages sur dibon 60 cm (? diam)
Le dépositoire (2019) tirage photo format 28 x 30 cm.

Crédit images: ©Arnaud Théval

Arnaud Théval